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Tuesday, November 18, 2008

The women in my neighborhood

November 17, 2008

Ayi Malou … Ayi Malou! children are yelling at the top of their voices. Ayi Malou is the name they have given to an outstanding woman in my neighborhood. The words actually mean rice and beans. Every day, this woman sets her rickety shop at the junction of two dusty streets, sitting behind her rented counter with smoking pots. She has decided on her own to help those who cannot afford to feed themselves properly. Her customers are mostly local children who arrive with their own tin pans. For a symbolic price, just enough to cover the cost, they will receive a ladleful of beans and rice. This woman is one of many who live in this multi-ethnic district of Lomé … which also happens to be my own neighborhood.

Of all missions I have carried out for the Red Cross in the past, I cannot think of one when I lived in such intimate relationship with the local people. One of the reasons one joins the Red Cross for humanitarian work is that one wishes to be close to those who are in need in order to understand their situation. I love this neighborhood because it constantly reminds me why I am here.

At daybreak, even before the sun is up, women everywhere are already at work. Some are busy sweeping away any rubbish around their homes, others are making fire for the morning meal, while keeping an eye on the little ones pulling at their bubus.

The women in my neighborhood come from all over the country. The latest statistics, which date back ten years, show that one-third of the population lives in poverty and that the most affected regions are Cara and Savannes, just north of the capital. Near my home are a group of some thirty women who are now living here. They came from a small village by the name of Vogan north of Lomé in order to earn a living. They have left their men up there and are running a small hotel. While the men till the land in the village, the women move to the capital to live on odd jobs or set up small shops. They are the ones who pay the price of being away from home in order to earn what the family needs to live on.

When night falls, water carriers, slow-moving women with pails on the top of their heads, go around selling this precious commodity that we all need. Again, official statistics say that 57% of households in urban areas do not have access to drinkable water, and that 80% of Togolese homes do not have a latrine.

The women I meet in the morning as I go to work, and again when I come back home, the women with whom I exchange a smile or a few words, are very courageous. And they are the women in my neighbourhood.


Les femmes de mon quartier

le 17 novembre 2008

Ayi Malou … Ayi Malou ! crient des enfants à tue-tête. Ayi Malou est le nom que les enfants ont donné à cette femme exemplaire du quartier où j’habite. Ayi Malou veut dire du riz et des haricots. Tous les jours, cette femme s’installe derrière son comptoir de fortune qu’elle loue pour une bouchée de pain, Assise au croisement de deux rues poussiéreuses, elle surveille ses chaudrons fumant de nourriture. Cette femme a décidé d’elle-même qu’il fallait s’occuper de ceux qui n’avaient pas les moyens de se nourrir convenablement. Sa clientèle se compose essentiellement d’enfants du coin qui arrivent avec leur gamelle. Contre une somme symbolique, juste assez pour payer les frais, ils reçoivent une louche pleine de haricots et de riz. Cette femme est l’une de ces femmes qui peuplent ce quartier multiethnique de Lomé… qui est aussi mon quartier!

Depuis que je fais des missions avec la Croix-Rouge, je ne me souviens pas d’avoir habité dans un quartier où la proximité avec les habitants est si intime. L’une des raisons pour lesquelles on se joint à la Croix-Rouge pour effectuer des missions humanitaires est qu’on veut être près des gens afin de comprendre pourquoi on est là. J’aime bien ce quartier, car il me rappelle constamment les raisons pour lesquelles je suis ici.

Le matin aux aurores, avant même le lever du soleil, les femmes sont déjà au travail. Certaines s’affairent à balayer autour de leur modeste maison, d’autres font du feu pour la préparation du repas, tout en veillant sur les tout-petits qui s’accrochent à leur boubou.

Les femmes de mon quartier viennent de l’ensemble du pays. Selon les dernières statistiques, qui datent de plus de dix ans, le tiers de la population est pauvre et les régions les plus touchées sont Cara et Savannes, situées au nord de la capitale. Tout près de chez moi, il y a un groupe d’une trentaine de femmes qui ont élu domicile. Elles sont venues d’une bourgade au nord de Lomé, Vogan, pour gagner leur pain. Elles ont laissé leurs hommes là-bas et gèrent un petit hôtel local. Pendant que les hommes labourent la terre dans leur village, les femmes s’installent dans la capitale pour faire des petits boulots ou ouvrir un commerce. En effet, ce sont souvent les femmes qui font le sacrifice et s’expatrient pour nourrir la famille.

À la tombée de la nuit, les porteuses d’eau coiffées de leur seau sillonnent les rues pour vendre cette denrée essentielle. Toujours selon les données officielles, 57% des ménages des régions urbaines n’ont pas accès à l’eau potable et 80% des maisons togolaises ne disposent pas de latrines.

Ces femmes croisées le matin avant de me rendre au travail ou encore le soir à mon retour, et avec qui j’échange un sourire ou un bonjour, sont bien courageuses. Ces femmes, et bien d’autres, ce sont les femmes de mon quartier !

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